Wolfgang Master dans sa salle de bain - La Révolution en Charentaises

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Wolfgang Master dans sa salle de bain

lundi 14 novembre 2005, par Anatole Ibsen, Thimothée Lange / 7730 visites

Où Wolfgang Master n’a pas conscience des dégâts environnementaux qu’il peut commettre dans sa petite salle de bain...

« Nous n’avons pas hérité
de la terre de nos ancêtres,
nous l’avons empruntée
à nos enfants ».

En caractères énormes, cette phrase, tirée, comme peu le savent, de la sagesse des Indiens d’Amérique, trône au-dessus de l’entrée du bureau-bibliothèque de Wolfgang Master. Douze mètres carrés rangés à la perfection, qui respirent le savoir et la rigueur, les stylos assoupis dans le pot traditionnel, un vieux numéro de Géo sur le dessus d’une pile de vieux magazines archivés « au cas où ». Sans parler du marque-page, calé à la fin d’un livre de Nicolas Hulot criant de toutes ses forces (ne pouvant plus se contenter d’avertir) contre le sabotage de la planète bleue.

Wolfgang Master pensait souvent à ses futurs enfants. Il en voulait, malgré les sérénades de ceux qui pensent que ce n’est pas un cadeau à faire que de propulser un gosse dans ce monde.

Mais les gosses peuvent prendre le relais. Multiplier les actes éco-citoyens (des mots barbares pour des gestes tout simples), avoir recours au tri sélectif pour recycler nos montagnes de déchets, éteindre la lumière en quittant une pièce (et pas seulement pour ne pas tuer les ours polaires, comme le disait Lucchini), préférer les produits bio et le commerce équitable pour obliger les producteurs à fabriquer mieux et de façon moins dévastatrice, lire René Maltête, Hubert Reeves, Jim Harrison et Richard Brautigan...

Ce matin-là, il pensait à tout cela sous sa douche, qui lui prenait quotidiennement plus d’un quart d’heure, pression à fond et chaleur au maximum.

Une petite habitude bien peu environnementale, que des enfants, teigneux et propagandistes de vérités, pourraient bien supprimer, un jour à jamais, du quotidien de Wolfgang.


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