6 bonnes raisons de se réjouir de l'élection de Nicolas Sarkozy - La Révolution en Charentaises

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6 bonnes raisons de se réjouir de l’élection de Nicolas Sarkozy

samedi 26 mai 2007, par Onno Maxada / 12759 visites

1. Nous devrions nous réjouir, car la France est un pays de millionnaires...

...Si 53 % des électeurs se sont montrés obnubilés par le bouclier fiscal, la destruction des 35H et la réforme des droits de succession, c’est qu’il doit y avoir des bas de laine bien remplis et de nombreux riches déguisés en bleu de chauffe ou accoutrés en caissier(e) de supermarché. Qu’est-ce qu’ils doivent se marrer dans leur costume de chômeur, de travailleur précaire ou de prolo menacé par les délocalisations !!! Ah, ils nous ont bien eus ! Nous qui croyions les classes populaires dans la panade, on découvre tout à coup qu’elles ont disparues. Il n’y a plus que des bourgeois ! Voilà une bonne blague qui va faire glousser pendant longtemps dans les salons cossus de la haute société.

2. Nous devrions nous réjouir car la Chiraquie, c’est fini. Et pour oublier au plus vite 12 ans de règne calamiteux, on va tirer un trait sur les vilaines casseroles que se traîne le monarque déchu. C’est très bien ainsi, il ne faut pas remuer les mauvais souvenirs.

3. Nous devrions nous réjouir car la France sait où elle va... Même si c’est droit dans le mur des inégalités sociales et de l’autoritarisme. L’important, c’est d’avoir un homme à poigne pour tenir les rênes du pays, un guide.

4. Nous devrions nous réjouir car nous allons vivre dans l’amour... du chef, dont les médias nous chanteront chaque jour les louanges à l’unisson. A n’en pas douter, cet homme-là a la carrure d’un sauveur. D’ici cinq ans, en plus de nous protéger du terrorisme islamiste, de la racaille banlieusarde et de la dictature des syndicats, il sera notre dernier rempart contre les violences de la subversion arnacho-communiste qui ne manquera pas de se développer.

5. Nous devrions nous réjouir car la France va travailler. Ses journées entièrement consacrées à cette saine activité, elle en oubliera sans doute de compter. Un élan de générosité qui ira droit au cœur (et au portefeuille) de tous ceux qui gagnent leur vie grâce à la sueur des autres.

6. Nous devrions nous réjouir car la France va marcher au pas (de l’oie ?). La profusion de lois draconiennes concernant tous les aspects de la vie des individus va plonger chacun dans une illégalité plus ou moins consciente. La disproportion des peines encourues par rapport aux délits permettra à l’Etat d’exercer toutes sortes de pressions et de s’assurer la collaboration d’un grand nombre d’informateurs. Pour les opposants, ce sera - selon le bon vouloir du Prince et de ses sbires - la ruine ou la prison. Couplée au développement des systèmes de surveillance, cette politique devrait assurer une très grande stabilité au régime. Or, comme chacun sait, tout pays a besoin de stabilité pour prospérer.

Il y aurait encore bien d’autres raisons de se réjouir, mais n’abusons pas des bonnes choses. En ce qui me concerne, dans l’état d’euphorie très modérée dans lequel je me trouve depuis le 22 avril, je m’efforce de garder les idées claires pour trancher l’unique alternative à laquelle je suis réduit : la lutte à mort ou l’émigration. Au final, la meilleure nouvelle, c’est peut-être qu’après ces élections, le peuple de gauche est acculé à l’action.

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La bourgeoisie et les élections
REISER, "On vit une époque formidable !", Albin Michel, p. 37

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