Charité pas chère - La Révolution en Charentaises

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Charité pas chère

mardi 7 février 2006, par Laura Diaz / 10035 visites

L’assemblée vient de voter dans la nuit du 20 au 21 décembre sur proposition de la majorité parlementaire UMP un amendement qui permettrait de bonifier l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ne pouvant pas travailler...

...hausse non négligeable puisqu’elle permet de passer de 581 euros à 728 euros. Mais pourquoi un gouvernement qui par ailleurs mène une offensive anti-sociale, taille dans ses dépenses de santé (voir la révision de la CMU et des médicaments remboursables) et suggère un aménagement de la loi des trente cinq heures au nom de la liberté du travail, se propose t-il aujourd’hui d’aider les pauvres ? Cela semble paradoxal si on s’en tient à une interprétation immédiate où la droite ne ferait pas de social. Or bien au contraire nous sommes en présence d’une position idéologique bien ancrée à droite concernant la place que doit occuper le social dans la politique nationale.

Nous sommes dans le discours de la charité publique recouvert des atours de la modernité, en usant des mécanismes de redistribution de l’Etat-Providence. Or cette charité bien ordonnée ne saurait être tout au plus que l’illustration d’un dispositif disciplinaire dont l’effet immédiat se traduit par une réduction des inégalités les plus criantes mais dont la conséquence réelle consiste à assurer un contrôle social minimal. Il s’agirait d’éviter l’expression d’un mécontentement dont on pourrait faire l’économie et dans cette perspective, penser en termes d’efficacité, c’est réparer une dignité plutôt qu’une autre : on ne s’attaque pas en effet à revaloriser la dignité des chômeurs ou des rmistes mais celle des « incapacités par nature », à savoir les handicapés ou les malades atteints d’un cancer, lesquels sont proprement irresponsables de leur malheur. On retrouve donc bien en filigrane le discours sur la responsabilité des néo-conservateurs qui cherchent à rétablir une vision minimaliste des fonctions étatiques, soit : la redistribution réservée aux seuls véritables nécessiteux ! Pour les autres, priez très fort !


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