Batman, défenseur d'une Amérique qui doute - La Révolution en Charentaises

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Batman, défenseur d’une Amérique qui doute

mardi 20 septembre 2005, par Casimir Gioco / 6960 visites

Le dernier épisode de Batman sorti en juin sur les écrans français est présenté comme le premier volet des aventures de Bruce Wayne. Pourtant, à voir le film, on comprend que le scénario ne date pas d’il y a très longtemps. En effet, il traduit une des nouvelles préoccupations géopolitiques des Etats-Unis : la place de la Chine dans le monde.

Le dernier épisode de Batman sortit en juin sur les écrans français est présenté comme le premier volet des aventures de Bruce Wayne. Pourtant, à voir le film, on comprend que le scénario ne date pas d’il y a très longtemps. En effet, il traduit une des nouvelles préoccupations géopolitiques des Etats-Unis : la place de la Chine dans le monde. Le film est un match de ping-pong, une comparaison systématique et, sans doute, un peu angoissée des deux géants de demain. Le petit Bruce se sent mal dans sa peau à cause de la violence de la société américaine qui a poussé un vagabond à tuer ses parents. Il retrouve cependant la même violence dans une prison chinoise. C’est alors la philosophie orientale qui fortifie le jeune homme en quête de lui-même, le pousse à se dépasser. Il revient plus fort dans le monde du business !
Le cœur du film est naturellement une lutte entre le bien et le mal. Les forces destructrices sont incarnées par des Asiatiques ou des Américains passés du côté obscur. En face, Batman est seul, même s’il cherche appui auprès d’une police défaillante. Les méchants sont diaboliques au sens propre : ils sont malins comme le diable et aussi très forts. Ils connaissent la technique des « ninjas ». Batman, champion de la culture étatsunienne, a recours à des techniques très modernes et très performantes. Au final, le spectateur doit en être persuadé : ça n’est pas sur les techniques de combat que la différence va se faire !
Batman l’emporte, à la fin, par la force de sa mentalité et de sa morale. Voilà la vraie force des Etats-Unis ! Quand les forces asiatiques mettent leurs savoirs techniques au service de la puissance, ils se retrouvent pris dans une sorte de folie destructrice, une fuite en avant qui oublie l’homme. Lutte « sans conscience n’est que ruine de l’âme » ! A l’opposé, Wayne réussit à transformer sa haine et son esprit de vengeance en une volonté de faire le bien. Il est cet individu qui se met au service des autres et va apporter à sa communauté. Identifié comme individu, il s’oppose à la masse indistincte des ninjas, troupeau sombre servant une cause extérieure à eux-mêmes. Ce qui fait la force de Batman et des Etats-Unis, c’est la liberté de l’individu.
Le propos peut paraître moralisateur et, à ce titre, un peu ridicule. Il faut cependant souligner l’ancrage de ces conceptions chez les Etats-uniens : cette trame alimente la plupart des films d’outre-atlantique. Il a fait aussi la force de ce pays. L’originalité de ce Batman begins, c’est l’adaptation de ce discours à l’Asie et à la Chine en particulier.
A la fin du film, après la bataille, « Batman » et son fidèle serviteur se retrouvent tous les deux dans les ruines du manoir familial incendié. Tout est à reconstruire mais Bruce est enfin serein et résolu ; à côté de lui, l’homme chauve sourit.

Batman begins de Christopher Nolan, Etats-Unis, Warner Bros, 2h19, 2005.


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