Le prix du pétrole, l'arbre qui cache une grosse forêt - La Révolution en Charentaises

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Le prix du pétrole, l’arbre qui cache une grosse forêt

samedi 25 février 2006, par Thibo / 12421 visites

ou l’arrivée de la Chine et de l’Inde dans l’économie mondiale...

La consommation d’énergie de la Chine et de l’Inde étaient jusque là négligeables. (O,9 tep [1] par habitant et par an en Chine contre 4,3 en France... et 8,1 aux Etats Unis).

Mais il semble aujourd’hui que les économies Chinoises et Indiennes rattrapent les économies dites occidentales et donc leur mode de vie : consommation de masse et voiture particulière. Ceci n’est pas sans soulever de problèmes à l’économie mondiale. La consommation d’énergies fossiles ayant augmenté, l’offre ne répond plus à la demande et donc le prix du baril de pétrole augmente. La réponse de l’économiste est simple : si la demande augmente, il faut augmenter les moyens de production. Mais les principes du capitalisme, et de la croissance permanente finissent par se heurter à un problème physique : la finitude de notre planète et de ses ressources. Il sera donc de plus en plus difficile de puiser le pétrole. Enfin, la combustion du pétrole est le principal acte responsable de l’augmentation de CO2 et des autres gaz à effet de serre, ce qui freine pour le moment la prospection de nouveaux puits.

Les chinois, mais aussi tous les habitants du tiers monde prétendent au même confort que les occidentaux et ceci est légitime. Mais le problème d’approvisionnement en l’énergie rappelle à quel point notre mode de vie occidental n’est pas transposable à l’échelle de la planète et de ses 6 milliards d’habitants. En effet, si chaque humain, en achetant des produits hyper manufacturés, en prenant l’avion, le train, la voiture particulière, en chauffant sa maison individuelle de 100 mètres carrés à 23°C, en mangeant de la viande à chaque repas... si chaque terrien consommait autant qu’un Français moyen ou pire... qu’un Américain, les réserves actuelles en énergie (toutes origines confondues) fondraient en quelques années (entre 5 et 10 ans). Ceci n’est pas nouveau. Les chiffres sont les mêmes depuis quelques années. Or tout notre confort vient de la domination de l’énergie et du non partage avec les pays du tiers monde.

Voici donc quelques questions après cette analyse.

- Y-a t’il eu un jour un rêve d’égalité entre les citoyens du monde ?
- ­Est-ce normal de jouir de ce confort quand d’autres à quelques milliers de kilomètres crèvent la fin ?
- Est-ce normal que ces milliers de « crève-la-faim » tentent de franchir des frontières hyper surveillées au péril de leur vie pour venir chez nous ?
- Est-ce normal de vivre au dessus des autres ?
- Et enfin, pour les acteurs de notre belle société (banquiers, actionnaires, économistes, pdg de multinationales...) qui acceptent ces 4 questions, peut-on raisonnablement penser que ce déséquilibre est immuable, qu’il n’engendra ni révolte ni soulèvement des exploités ?

On a tenté de taire ces questions, de les oublier, on a parlé d’autre chose : de pacs, de foot, de politique intérieure, de cosmétique pour les femmes, pour les hommes... tout en paupérisant les pays du tiers-monde à coup « d’aides » de la banque mondiale et du fmi... mais le décollage économique de la Chine nous les ramène en pleine gueule : le confort occidental n’existe que parce qu’il est réservé à une partie infime de la population mondiale (qui ne pourra pas raisonnablement dépasser 700 millions d’habitants) et l’accès à un certain confort d’une partie des habitants de la Chine tend à faire exploser ce système élitiste occidental. Il est donc temps de penser un réequilibrage des richesses... c’est-à-dire accepter, en tant qu’occidentaux, d’avoir moins. Mais attention... ne pas accepter que certains n’aient plus rien pour que d’autres puissent faire fonctionner leurs jets privés... mais bien que tout le monde accepte un partage équitable du confort pour tous... même s’il sera nécéssairement vers le bas.

Notes

[1] TEP = Tonne Equivalent Pétrole, mesure utilisée pour comparer des énergies de sources différentes


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1 Message

  • Sur le chemin de la fin du pétrole 23 avril 2007 16:04, par Laurent

    A partir de 2007 ou 2008, la production mondiale de pétrole va décroître à un rythme de plus en plus important, le pétrole conventionnel facile à extraire comme le pétrole dont l’extraction est difficile et très coûteuse.

    Selon une estimation raisonnable, nous aurions une production limitée à 80 % dans 12 ans et à 50 % dans 20 ans de celle d’aujourd’hui, car les réserves de pétrole ont été surestimées.

    Le nucléaire, les piles à combustible et les biocarburants sont des solutions illusoires (il faudrait 3 à 4 fois la surface agricole de la France pour remplacer le seul pétrole utilisé comme carburant).

    Lire : http://travail-chomage.site.voila.fr/energie/fin_petrole.htm pour en savoir plus.

    Le nucléaire n’est pas une solution (sans compter tous ses dangers) car l’uranium aussi va poser des problèmes d’approvisionnement (les autres hypothèses du nucléaire sont du délire et arriveront de toute façon trop tard, dans 50 à 100 ans selon les projets).

    Lire : Fin de l’uranium, fin du nucléaire

    et aussi : Corée du nord, pétrole, famine

    Pas de pétrole, pas d’engrais ni de machines agricole, moins de nourriture.

    Voir en ligne : La fin progressive du pétrole