Pourcentage - La Révolution en Charentaises

Pourcentage

mercredi 29 mars 2006, par Anatole Ibsen / 10469 visites

Ca n’aura échappé à personne... Le président (si l’on peut qualifier d’un tel terme un dictateur) Loukachenko a été élu en Biélorussie avec un suffrage avoisinant les 82%...

C’est notre Chirac national qui doit bien se marrer devant cette proximité des chiffres, entre un escroc d’aujourd’hui et réélu d’hier. Dans tous les cas, on peut douter fort de la légitimité de ces deux-là... Dieu merci (et encore, Dieu, c’est juste pour la formule...), nous ne sommes pas dans une dictature. Nous sommes dans une dé-mo-cra-tie.

La preuve, trois millions de français dans les rues, un bras de fer comme la France en a rarement connu, un ras-le-bol social exacerbé, de grands coups de triques dans les droits les plus fondamentaux ne suffisent pas à saper la droiture (c’est peu de le dire) d’une arrogance gouvernementale rarement égalée.

Mais après tout, notre Chichi (qui mérite à peine la majuscule) a été réélu de façon universelle. Pas de manipulation des chiffres. Non, pas ça... Ou alors, à peine... Et pas par lui-même. Seulement par la place Beauvau et les effets de manche d’un Sarko qui, avec une belle arrogance, a fait dire par ses services que, samedi dernier, il n’y avait que 10.000 manifestants à Marseille et 80.000 à Paris. Ceux qui étaient dans la rue ce jour-là savent que ces chiffres vont bien au-delà du mensonge ou du simple foutage de gueule : ils sont de l’ordre de la désinformation, une des armes des dictatures, justement. Affirmer qu’il y avait 80.000 manifestants à Paris (près de deux-cent mille selon les organisateurs), c’est, à peu de choses près, aussi débile que d’affirmer que parmi les personnes ayant voté Chirac au second tour, aucune ne votait en vérité contre Le Pen.

Selon les confidences d’un mec des RG recueillies par le Canard enchaîné [1], ces chiffres font même sourire les flics, c’est dire...

Ah, décidément, si ces menteurs affirment sans vergogne qu’on est dans une démocratie, ils oublient de mentionner que, définitivement, avec leurs ingratitudes répétées, il lui en mettent un sacré coup dans l’aile...

Notes

[1] Cf. « Sarko matraque les chiffres », Canard enchaîné, 22 mars 2006, page 3.


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