Bon sens - La Révolution en Charentaises

Bon sens

jeudi 7 juillet 2005, par Onno Maxada / 5252 visites

Bon sens : capacité d’agir raisonnablement. En matière économique, le bon sens est souvent confondu avec le sens des affaires. Il conduit ceux qui en sont dotés à prendre des décisions salutaires et courageuses telles que la fermeture d’établissements non rentables, à commencer par les écoles, les hôpitaux et les bureaux de Poste.

Le monde étant bien fait, le bon sens inspire les dirigeants de tous bords et ses champs d’application sont infinis. Pour éradiquer le chômage, il recommande de faciliter les licenciements. Pour financer l’aide aux personnes âgées, il oblige les salariés à travailler gratuitement tout en continuant à baisser les impôts des plus riches. Pour sauver la planète d’un désastre écologique, il encourage l’émission de permis de polluer. Pour garantir la paix, il justifie la guerre. Il considère également que l’exploitation sans frein des pays pauvres ne peut qu’enrichir ces derniers et que - d’une manière générale - l’égoïsme brutal de chacun est la meilleure façon d’assurer le bien-être de tous.

Force est de constater qu’en matière de sexualité, le bon sens fait preuve d’un conservatisme un peu triste : un homme, une femme, l’un dessus, l’autre dessous. Il a du mal à concevoir que le plaisir puisse naître d’un enchevêtrement de corps sans dessous dessus noyés dans des draps sans dessus dessous.

Ces errements sont aisément pardonnables au regard des bienfaits innombrables du bon sens dans nos sociétés. Par définition, seuls les insensés s’opposent à son bon gouvernement, ce qui les discrédite d’emblée. Les utopistes inquiètent moins le bon sens et ses défenseurs zélés qu’une autre forme d’extrémistes (heureusement beaucoup moins répandue) : les lecteurs du dictionnaires. Eux seuls connaissent en effet une définition plus critique du bon sens : « ensemble des opinions dominantes dans une société donnée » (Petit Larousse).


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